Concours

Vendredi 28 novembre 2008

Analyse tout à fait convaincante à laquelle je rajouterais deux éléments:

-le mode de scrutin, proportionnel en Allemagne, majoritaire en France

- l'histoire: en Allemagne, Die Linke est le deuxième parti, après les Verts, à réussir son irruption sur la scène politique. En France, si on prend comme critère l'exsistence d'un groupe parlementaire, personne n'a su le faire. Les 4 formations possédant un groupe parlementaire, sont toutes plus ou moins directement issues des grands courants politiques impliqués dans la résistance, dominants après guerre.

Comme ce politologue, je pense que Mélenchon et Dolez auront du mal, du moins dans un premier temps, à établir une relation équilibrée avec le PCF. Ceci dit, un militant ne peut se déterminer en fonction de ces seuls calculs stratégiques...

 

Après avoir quitté le Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ont annoncé la création du Parti de gauche, qui se veut une réplique française de Die Linke. Quand on observe la scène politique allemande, on comprend bien pourquoi ce modèle est attractif et peut constituer une source d'inspiration pour nos socialistes en rupture de ban.

Die Linke, formation créée par l'union de dissidents du SPD et le PDS (les communistes est-allemands), s'est bien enracinée dans la vie politique outre-Rhin. Ce nouveau parti est présent dans les Parlements des six Länder de l'Est et parfois même dans leur gouvernement en coalition avec le SPD.

Il a également réussi une percée à l'ouest où il a franchi la barre des 5 % (commandant l'accès aux Parlements régionaux) dans plusieurs Länder (Hesse, Hambourg, Basse-Saxe), ratant de peu récemment ces 5 % dans la très conservatrice Bavière. Au plan national, les sondages créditent cette formation de bons scores (entre 10 % et 12 %).

Mais le contexte politique et les forces en présence à gauche diffèrent sensiblement de part et d'autre du Rhin, et la configuration apparaît moins favorable en France. Die Linke est aujourd'hui dirigée par Oskar Lafontaine, personnalité politique très connue en Allemagne : il a été pendant de longues années ministre-président de la Sarre, et a joué un rôle de premier plan en animant l'aile gauche du SPD national. En dépit de leur mandat, le poids politique de Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon n'est donc pas comparable avec celui de Lafontaine, qui sert de locomotive médiatique à ce parti. { Oui, mais il ne faut pas sous-estimer l'impact médiatique de Mélenchon, fort recherché pour sa "grande gueule"}

Par ailleurs, le PDS - importante puissance électorale à l'est de l'Allemagne - a fourni les gros bataillons militants et électoraux de Die Linke. A cette force électorale, il faut ajouter des militants en rupture du SPD à l'ouest ainsi que de nombreux syndicalistes. Les forces sur lesquelles peuvent s'appuyer aujourd'hui Dolez et Mélenchon sont beaucoup plus limitées. Certes, la motion Hamon qu'ils soutenaient a recueilli près de 19 % des voix lors du vote interne au PS, mais tous ces militants ne suivront pas les démissionnaires. {Non, tant que le Parti de Gauche n'aura pas prouvé qu'il n'est pas un nouveau MRC, et tant que nos petits camarades du PS éviteront les casus-belli...}

 

ESPACE PLUS RESTREINT

 

Lorsqu'il présenta une motion ("Forces militantes") au congrès du Mans en 2005, Dolez, bien que premier fédéral de la puissante fédération du Nord, n'obtint que 4,5 %. Et si PRS, l'organisation de Mélenchon, fut très active et visible lors du référendum sur la Constitution européenne, elle ne compterait qu'assez peu d'adhérents.

Pour pallier ces difficultés, Mélenchon et Dolez ont annoncé une alliance avec le PC en vue des européennes. {bonne occasion de créer une dynamique. Mais s'ils arrivent à marquer l'essai, sauront-ils le transformer lors de scrutins moins favorables?} On rappellera que ce parti a connu de nombreux revers électoraux, qu'il est aujourd'hui profondément divisé et qu'il perd des adhérents. Son influence électorale ne peut être comparée à celle de son parti frère allemand.

En transposant en France l'influence du PDS dans les régions déshéritées et industrieuses de l'ancienne RDA, cela équivaudrait à un PCF obtenant entre 25 % et 30 % dans un ensemble regroupant Nord - Pas-de-Calais, Picardie, Haute-Normandie et Champagne-Ardennes... En dépit de cet affaiblissement, étant donné le poids comparé du PC et du Parti de gauche en termes de militants et d'élus, il y a fort à parier que les dissidents socialistes ne joueront pas les premiers rôles dans ce "front commun". {40 parlementaires communistes, 4 parlementaires du Parti de Gauche...}

Enfin, si Die Linke connaît aujourd'hui des succès en Allemagne, cela ne tient pas uniquement à la personnalité de ses leaders ou à la puissance militante des organisations qui l'ont cofondée. Le contexte politique y est différent du nôtre : l'extrême gauche y est inexistante électoralement, contrairement à la France où Olivier Besancenot exerce une forte concurrence. En outre, en Allemagne, la critique dénonçant un recentrage des socialistes porte davantage, notamment parce que le SPD est engagé dans une grande coalition avec la CDU et mène une politique de réformes.

Ce virage social-libéral fut pris il y a un certain nombre d'années maintenant. Durant l'ère Schröder, le SPD, à la tête d'une coalition avec les Verts, réforma profondément le modèle social et les bases de l'Etat-providence, notamment avec les réformes Hartz aujourd'hui fortement décriées à gauche et par les syndicats. Si le libéral-socialisme est aussi dénoncé en France, il n'en demeure pas moins que le PS reste aujourd'hui - et notamment avec le gauchissement des discours à la suite de la crise financière - idéologiquement plus à gauche que le SPD.

Concurrencée par une extrême gauche conquérante et un PS à la direction "gauchisée", la déclinaison française de Die Linke jouira donc d'un espace politique plus restreint que sa consoeur germanique. Même si son discours peut rencontrer un certain écho auprès d'électeurs de gauche démoralisés par la crise du PS et radicalisés par la poursuite des réformes sarkozystes.


Jérôme Fourquet est directeur adjoint du département opinion et stratégies d'entreprise de l'IFOP.

 

- Publié dans : politique - Communauté : Les socialistes de gauche
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 28 novembre 2008
Une commission convoquée à la demande de Sarkozy propose rien moins que d'abaisse à 12 ans l'âge à partir duquel un mineur peut aller en prison. Petite suggestion à la nouvelle première secrétaire du PS: Mme Aubry, pourquoi ne pas faire de la mobilisation contre ce projet le premier combat de votre nouveau mandat?
- Publié dans : politique - Communauté : Les socialistes de gauche
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 25 novembre 2008

Le PS a enfin sa dirigeante. Martine Aubry n'aura pas la tâche facile, c'est le moins qu'on puisse dire. Elue dans des conditions déplorables, sans majorité dans les instances du parti, confrontée à des scrutins qui devraient être difficiles à gagner... Elle aura besoin de tout son talent pour ne pas finir comme Michel Rocard, qui avait explosé en vol après quelques mois à la tête du parti, et ne s'en est jamais relevé. Alors, bonne chance à Martine, bonne chance au PS. C'est une personnalité digne d'estime qui s'installe à la tête du parti. Je suis tout disposé à lui faire crédit, du moins dans un premier temps.

Il faudra toutefois être très vigilants. Le risque d'une compromission avec le centre-droit semble écarté. Mais les positions du parti, entre la dérive à l'italienne et une social-démocratie en perdition, restent pour le moins incertaines. Et le PS aurait bien besoin d'affirmer une position plus critique sur l'Europe. On n'en prend guère le chemin, avec l'idée d'un alignement sur les positions du PSE pour les européennes. Soutenir Martine Aubry, oui. Lui signer un chèque en blanc, non.

- Publié dans : politique - Communauté : Les socialistes de gauche
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 25 novembre 2008

Ségolène crucifiée

Ségolène  incarne l'espoir. Ségolène  incarne le renouveau du Parti Socialiste. Ségolène est amour. Elle porte un message d'espérance qui va bouleverser le monde à l'image du message christique.

Déjà, lors de la campagne présidentielle, Ségolène avait frappé les esprits par son sérieux et sa compétence, par la façon magistrale dont elle avait porté les espoirs du peuple de gauche. Les français ont d'ailleurs pris toute la mesure du personnage. 46,7% des suffrages, songez-y! Seulement 0,5% de moins que n'en avait obtenu Jospin en 95, dans un contexte à peine plus difficile. Même pas 5% de moins que Mitterrand en 1981. Et ce alors que la droite au pouvoir n'était haïe que par une bonne moitié des français. Une grande victoire. Ségolène ne s'y est pas trompée, souvenez-vous de son visage radieux le soir du scrutin. Evidemment, elle ne s'est pas installée à l'Elysée. Une règle aussi injuste que stupide postule en effet qu'il faut 50% des voix, plus une, pour être élu(e). Mais la victoire était bien là. Oui, une belle victoire, comme celle que Ségolène a remporté lors des votes internes au PS. On a voulu lui confisquer cette victoire. Les prophètes sont souvent victimes d'attaques haineuses et injustes. Et comme Ségolène a la dimension prophétique...

Mais cette fois, Ségolène et ses disciples ne vont pas se laisser faire. Ils donnent quelques heures à la commission compétente pour proclamer la victoire de Ségolène. Sinon, ils vont manifester devant le siège de leur parti, traîner leur parti en justice, faire à leur parti une publicité intéressante dans les médias. Bravo Rebs, bravo Ségolène! Je ne pourrais hélas  pas aller manifester moi aussi. Mais je suis de tout coeur avec vous. Avec vous contre ceux qui disent que Ségolène et ses amis perdent leurs nerfs, qu'ils entretiennent la déchirure au sein du parti, qu'ils agissent de manière irresponsable. Bande de salauds! (pas toi, Ségolène, les autres, tes bourreaux!).

 

Loi Bouygues, amendement Bouygues

Avec le projet discuté aujourd'hui à l'Assemblée, l'audiovisuel public va se retrouver en slip, nous dit-on. Bien sûr qu'il va se retrouver en slip. C'est le but! Qu'est-ce qu'il a fait à votre avis, l'ami Berlu, en Italie? La même chose. On coupe les vivres à ces salopards de communistes de l'audiovisuel public. Et on fait voter des lois sur mesures pour engraisser ses propres TV. Bon, notre Sarko, il n'a pas de télé à lui. Mais c'est tout comme. La télé, elle est à Martin Bouygues, son ami, son frère.

Et justement, elle ne pète pas la forme en ce moment, la télé du frangin. Alors, on va lui faire un petit cadeau, à Martin Bouygues. Un bon gros transfert de recettes publicitaires. Avec une petite taxe gentillette à la clé, histoire de sauvegarder les apparences. Qu'est-ce que vous voulez, on n'est pas aussi décomplexés que les ritals, nous autres français. Et comme la petite taxe gentillette n'est pas encore assez indolore, nos copains à l'Assemblée vont la réduire par voie d'amendement. Et toujours pour sauvegarder les apparences, on va faire mine d'imposer un cahier des charges draconien à la télé publique. Piégés, ces cons de socialos qui proposaient depuis longtemps la fin de la pub sur le service public! C'est qu'on veut une télé de qualité , nous, parfaitement monsieur. Le premier qui se marre, je lui casse la gueule.

J'oubliais de vous dire, pendant qu'on y est, notre Sarko va pouvoir nommer directement le patron de la télé publique. Et virer cette pauvre lopette chiraquienne de Carolis pour mettre un pote à lui à la place. Les cocos de France télévisions n'ont qu'à bien se tenir...

En tout cas, on ne pourra pas dire qu'on a fait dans la brutalité. On est des gentils, nous. Et  vous savez ce qu'ils font, pour nous remercier de notre gentillesse, les cocos de l'audiovisuel public? La grève! Oui, vous avez bien lu, la grève. Non mais je vous demande un peu! Bande de salauds!

 

J'aurais bien aimé vous parler maintenant des salauds qui virent les grandes compagnies privées des eaux. Ou de ce salaud de Galouzeau de Villepin, qui prend le " Président" pour un justiciable comme les autres. Mais je ne voudrais pas abuser de votre patience. Ce sera pour la prochaine fois.

 

 

 

 

 

- Publié dans : politique - Communauté : Les socialistes de gauche
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 24 novembre 2008

...mais le reste est nettement plus sain. Une élection législative partielle se tenait hier dans la 8eme circonscription de Gironde. En règle générale, le poids démographique du bassin d'Arcachon, franchement conservateur, suffit à la faire pencher à droite. La partie de la circonscription située dans les landes de Gironde, solidement ancrée  à gauche, mais moins peuplée, n'est pas supposée parvenir à rétablir l'équilibre. Du moins dans les calculs de Charles Pasqua, auteur de l'actuel découpage taillé sur mesure pour la droite. Car dans la réalité, le PS a su profiter en 97 des divisions de la droite et de la bonne implantation de son candidat pour rafler la mise.

 Rebelote cette année: avec plus de 49%, la gauche semble bien placée pour reprendre le siège à une droite qui plafonne à 47%, chasseurs et FN compris. Le PS fait son meilleur score depuis l'instauration du découpage actuel! Bien entendu, on aurait tort de se réjouir trop vite, tant les résultats des élections partielles sont contradictoires, et étroitement tributaires du contexte local. Mais cela devrait inciter à plus de modestie une droite qui fait de s'appitoyer sur le sort du PS. Deliquescent au niveau national, le parti reste localement bien vivant. Cela ne vous rappelle rien? Cherchez bien...

- Publié dans : politique - Communauté : Les socialistes de gauche
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus