Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 14:30

Côte d'Ivoire: un curieux unanimisme...

 

L'affaire est entendue: Ouattara est "le président élu de Côte d'Ivoire", "reconnu par la communauté internationale". Et la France, en intervenant dans les affaires de son ancienne colonie, n'entend qu'éviter des massacres inutiles. L'histoire est belle. Trop belle pour ne pas être quelque peu arrangée...

Le très démocrate M. Ouattara n'a pas craint en son temps de servir l'ancien parti uique...

Le pacifique M. Ouattara s'est acoquiné avec le chef de bande Guillaume Soro, dont on connaît les tristes faits d'armes...

L'honnête M.Ouattara a réussi des scores dans le fief de ses alliés des forces nouvelles des scores de plus de 90%. Obtenus avec les moyens irréprochables que l'on devine...

Tout ces faits sont archi connus. Tout comme est connu le verdict du conseil constitutionnel ivoirien, qui vaut bien celui de la commission électorale" indépendante"! D'où vient dés lors cet empressement quasi-général à placer Ouattara sur le trône, quand tout semblait militer pour qu'on renvoie les deux rivaux dos à dos,? Oublions l'accusation trop facile de parti-pris en faveur de ce digne représentant de l'oligarchie internationale... Subsiste le sentiment malsain qu'on nous cache les vrais enjeux. Organiser de nouvelles élections, partager le pouvoir... Les solutions ne manquaient pas qui auraient peut-être permis d'éviter un nouveau cycle tragique d'affrontement sanglants.

 

La Tunisie, l'Egypte, la Lybie, le Yémen... mais pas la Russie!

Un pays sans vraie démocratie, où règne la corruption généralisée, que l'on croyait voué à jamais à l'autocratie, et dont on dépeignait les citoyens comme désabusés et passifs... Dites-moi les amis, ça ne vous rappelle rien? Même en 2011, il demeure difficile de se faire une idée fiable de la situation de ce pays. Je suis preneur de toute information pouvant expliquer pourquoi il ne semble pas bouger pour le moment!

 

Mélenchon et le PC, un mariage de raison

Jean-Luc Mélenchon n'avalera pas le PC, comme on nous l'a parfois répété. Car il n'en a tout simplement pas les moyens. La visibilité  de l'ancien socialiste a occulté le disproportion des forces. Une poignée de parlementaires contre une quarantaine, 8000 militants contre des dizaines de milliers, et je ne parle même pas du réseau d'élus locaux. Mélenchon apporte au PC un porte-parole, le PC apporte à Mélenchon des moyens dont il ne pourrait pas même rêver! Mariage de raison qu'on surveillera avec le plus grand intérêt.

Pour percer, Mélenchon devra une nouvelles fois distancer le NPA. Il sera servi comme à l'habitude par le sectarisme de la formation d'extrême gauche, refusant tout rapprochement avec qui ne vient pas intégralement sur sa ligne. Mais il devra aussi éviter le piège qui ne manquera pas de lui être tendu. En l'interpellant sur son passé solférinien, l'extrême gauche compte bien l'entraîner dans une désastreuse surenchère anti-socialiste, l'acculer, luin l'ancien sénateur, à une posture anti-parlementaire. Désastre garanti.Le gros de l'électorat de gauche réprouve l'anti-socialisme rabique anti qu'il peut être sévère avec le PS...

 

Comment ne pas plumer la volaille communiste

Cela ressemble à une fable. Le sieur Bartolone, fraichement couronné roitelet du "93", voulait éradiquer proprement ce qui restait de l'implantation communiste. Allié pour la circonstance aux écolos, notre homme fait même des émules, puisque l'opération s'étend au Val de Marne voisin. Argument massue: débarassez vous des communistes! C'est un peu court jeune homme... Résultat des courses: non seulement l'assaut des citadelles communistes a piteusement échoué, mais le PC a regagné du terrain. Non seulement dans le Val de Marne où son action semble appréciée, mais aussi en Seine Saint Denis, où Bartolone sort affaibli de l'opération. Vous vous débarasser du PC comme parti indépendant, chers camarades? Il aurait sans doute été plus efficace de transformer peu à peu le PCF en nouveau PRG, offrant en temps voulu la sanctuarisation des positions acquises en échange d'une quasi-domestication de notre sympathique partenaire. Tous les élus communistes n'auraient pas résisté. Maintenant, l'occasion est manquée, poour plusieurs années au moins. Et tout socialiste que je sois, je ne m'en plaindrais pas.

Par Fabien Nony - Publié dans : politique - Communauté : Les socialistes de gauche
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /Août /2009 11:53
L'idée de primaires gagne du terrain au PS. Il s'agirait d'ouvrir le parti, de donner une légitmité supplémentaire au candidat socialiste à la présidentielle socialiste. Mais je ne vois guère en quoi les primaires  nous apporteraient ce qui nous manque: un candidat crédible, et un projet d'alternative audacieuse au sarkozysme.

Ce qui défendent l'idée de primaires lorgnent vers l'exemple italien. Comment peut-on oublier ainsi le triomphe de Berlusconi et l'anéantissement de toute gauche digne de ce nom, de toute perspective sérieuse d'alternance. Les primaires à l'italienne seraient plutôt un exemple à ne pas suivre... 

On déplore à juste titre le recul du débat d'idées et de la réflexion programmatique au profit des stratégies de communication et du soin apportée à l'image. Je doute fort que les primaires puissent inverser la tendance. L'engagement éphémère, la démarche consummériste qu'elles impliquent favoriseraient plutôt les engouements médiatico-sondagiers dont nous avons déjà tant eu à souffrir.

La seule vertu de ce dispositif serait finalement d'ouvrir un peu vers l'extérieur les fenêtres d'un parti où l'air est devenu irréspirable. Triste constat que celui d'un parti qui semble ainsi avoir renoncé à tout élargissement de ces cercles militants en direction de la gauche syndicale, associative ou mouvementiste.
Publié dans : politique - Communauté : Les socialistes de gauche
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /Août /2009 11:20

On y avait cru. Ou on avait voulu y croire. Chine, Russie, Europe, monde arabe, amérique latine... Tous, à l'exception notable d'Israël pleurant l'ami de la colonisation, se félicitait que la calamiteuse page Bush  soit enfin tournée. Tous espéraient voir enfin l'Amérique changer, se civiliser, sortir enfin de l'état de barbarie. Tous, jusqu'au Monde Diplomatique et aux tenants d'un socialisme radical peu suspect d'indulgences impérialistes...

Il a bien fallu déchanter. Il faut lire dans Marianne de cette semaine l'excellent article de Guy Sitbon sur l'offensive républicaine contre le projet Obama de réforme du système de santé Américain. Sitbon nous conte rien moins que la revanche de l'Amérique stupide.

Rappelons pour les distraits que le système de santé américain se caractèrise par des dépenses phénoménales, pour un résultat plus que mauvais en termes de santé publique... et surtout par l'absence de toute couverture sociale digne de ce nom. Obama a voulu changer cela. Il s'est attiré les foudres des divers lobbys qui profitent de l'actuel système pour tondre les américains comme des moutons.

Jusque là, rien d'étonnant, me direz-vous. Mais c'est bien de moutons, justement, qu'il est question dans cette affaire. Car les lobbys ont réussi à entraîner dans leur combat tout un peuple stupide criant au communisme. On avait presque oublié l'existence de cette Amérique stupide qui permit naguère à Bush de s'imposer. De tout ce petit peuple barbare qu'on mène par le bout du nez et qui en vient à deféndre des idées exactement contraire à ses intérêts les plus élémentaires.

Que nous importe tout cela? Voilà qui est bien dommage pour l'Amérique vaguement civilisée qui n'a pas voulu cela. Mais les autres n'ont finalement que ce qu'ils méritent. Et tout cela n'est pas notre affaire. Erreur!  Car qui peut croire que l'Amérique stupide qui pense tenir se revanche ne poussera pas son avantage en politique étrangère? Réchauffement climatique, cour pénale internationale, colonisation des territoires palestiniens par Israël... Autant de problème toujours en suspens, et sur lesquels le changement de cap paraît encore bien héistant et fragile. Il faut hélas envisager le retour aux années sombres de l'arrogance américaine.

Publié dans : politique - Communauté : Les socialistes de gauche
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /Nov /2008 14:26

Analyse tout à fait convaincante à laquelle je rajouterais deux éléments:

-le mode de scrutin, proportionnel en Allemagne, majoritaire en France

- l'histoire: en Allemagne, Die Linke est le deuxième parti, après les Verts, à réussir son irruption sur la scène politique. En France, si on prend comme critère l'exsistence d'un groupe parlementaire, personne n'a su le faire. Les 4 formations possédant un groupe parlementaire, sont toutes plus ou moins directement issues des grands courants politiques impliqués dans la résistance, dominants après guerre.

Comme ce politologue, je pense que Mélenchon et Dolez auront du mal, du moins dans un premier temps, à établir une relation équilibrée avec le PCF. Ceci dit, un militant ne peut se déterminer en fonction de ces seuls calculs stratégiques...

 

Après avoir quitté le Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ont annoncé la création du Parti de gauche, qui se veut une réplique française de Die Linke. Quand on observe la scène politique allemande, on comprend bien pourquoi ce modèle est attractif et peut constituer une source d'inspiration pour nos socialistes en rupture de ban.

Die Linke, formation créée par l'union de dissidents du SPD et le PDS (les communistes est-allemands), s'est bien enracinée dans la vie politique outre-Rhin. Ce nouveau parti est présent dans les Parlements des six Länder de l'Est et parfois même dans leur gouvernement en coalition avec le SPD.

Il a également réussi une percée à l'ouest où il a franchi la barre des 5 % (commandant l'accès aux Parlements régionaux) dans plusieurs Länder (Hesse, Hambourg, Basse-Saxe), ratant de peu récemment ces 5 % dans la très conservatrice Bavière. Au plan national, les sondages créditent cette formation de bons scores (entre 10 % et 12 %).

Mais le contexte politique et les forces en présence à gauche diffèrent sensiblement de part et d'autre du Rhin, et la configuration apparaît moins favorable en France. Die Linke est aujourd'hui dirigée par Oskar Lafontaine, personnalité politique très connue en Allemagne : il a été pendant de longues années ministre-président de la Sarre, et a joué un rôle de premier plan en animant l'aile gauche du SPD national. En dépit de leur mandat, le poids politique de Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon n'est donc pas comparable avec celui de Lafontaine, qui sert de locomotive médiatique à ce parti. { Oui, mais il ne faut pas sous-estimer l'impact médiatique de Mélenchon, fort recherché pour sa "grande gueule"}

Par ailleurs, le PDS - importante puissance électorale à l'est de l'Allemagne - a fourni les gros bataillons militants et électoraux de Die Linke. A cette force électorale, il faut ajouter des militants en rupture du SPD à l'ouest ainsi que de nombreux syndicalistes. Les forces sur lesquelles peuvent s'appuyer aujourd'hui Dolez et Mélenchon sont beaucoup plus limitées. Certes, la motion Hamon qu'ils soutenaient a recueilli près de 19 % des voix lors du vote interne au PS, mais tous ces militants ne suivront pas les démissionnaires. {Non, tant que le Parti de Gauche n'aura pas prouvé qu'il n'est pas un nouveau MRC, et tant que nos petits camarades du PS éviteront les casus-belli...}

 

ESPACE PLUS RESTREINT

 

Lorsqu'il présenta une motion ("Forces militantes") au congrès du Mans en 2005, Dolez, bien que premier fédéral de la puissante fédération du Nord, n'obtint que 4,5 %. Et si PRS, l'organisation de Mélenchon, fut très active et visible lors du référendum sur la Constitution européenne, elle ne compterait qu'assez peu d'adhérents.

Pour pallier ces difficultés, Mélenchon et Dolez ont annoncé une alliance avec le PC en vue des européennes. {bonne occasion de créer une dynamique. Mais s'ils arrivent à marquer l'essai, sauront-ils le transformer lors de scrutins moins favorables?} On rappellera que ce parti a connu de nombreux revers électoraux, qu'il est aujourd'hui profondément divisé et qu'il perd des adhérents. Son influence électorale ne peut être comparée à celle de son parti frère allemand.

En transposant en France l'influence du PDS dans les régions déshéritées et industrieuses de l'ancienne RDA, cela équivaudrait à un PCF obtenant entre 25 % et 30 % dans un ensemble regroupant Nord - Pas-de-Calais, Picardie, Haute-Normandie et Champagne-Ardennes... En dépit de cet affaiblissement, étant donné le poids comparé du PC et du Parti de gauche en termes de militants et d'élus, il y a fort à parier que les dissidents socialistes ne joueront pas les premiers rôles dans ce "front commun". {40 parlementaires communistes, 4 parlementaires du Parti de Gauche...}

Enfin, si Die Linke connaît aujourd'hui des succès en Allemagne, cela ne tient pas uniquement à la personnalité de ses leaders ou à la puissance militante des organisations qui l'ont cofondée. Le contexte politique y est différent du nôtre : l'extrême gauche y est inexistante électoralement, contrairement à la France où Olivier Besancenot exerce une forte concurrence. En outre, en Allemagne, la critique dénonçant un recentrage des socialistes porte davantage, notamment parce que le SPD est engagé dans une grande coalition avec la CDU et mène une politique de réformes.

Ce virage social-libéral fut pris il y a un certain nombre d'années maintenant. Durant l'ère Schröder, le SPD, à la tête d'une coalition avec les Verts, réforma profondément le modèle social et les bases de l'Etat-providence, notamment avec les réformes Hartz aujourd'hui fortement décriées à gauche et par les syndicats. Si le libéral-socialisme est aussi dénoncé en France, il n'en demeure pas moins que le PS reste aujourd'hui - et notamment avec le gauchissement des discours à la suite de la crise financière - idéologiquement plus à gauche que le SPD.

Concurrencée par une extrême gauche conquérante et un PS à la direction "gauchisée", la déclinaison française de Die Linke jouira donc d'un espace politique plus restreint que sa consoeur germanique. Même si son discours peut rencontrer un certain écho auprès d'électeurs de gauche démoralisés par la crise du PS et radicalisés par la poursuite des réformes sarkozystes.


Jérôme Fourquet est directeur adjoint du département opinion et stratégies d'entreprise de l'IFOP.

 

Publié dans : politique - Communauté : Les socialistes de gauche
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /Nov /2008 11:03
Une commission convoquée à la demande de Sarkozy propose rien moins que d'abaisse à 12 ans l'âge à partir duquel un mineur peut aller en prison. Petite suggestion à la nouvelle première secrétaire du PS: Mme Aubry, pourquoi ne pas faire de la mobilisation contre ce projet le premier combat de votre nouveau mandat?
Publié dans : politique - Communauté : Les socialistes de gauche
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés