Lundi 24 août 2009
L'idée de primaires gagne du terrain au PS. Il s'agirait d'ouvrir le parti, de donner une légitmité supplémentaire au candidat socialiste à la présidentielle socialiste. Mais je ne vois guère en quoi les primaires  nous apporteraient ce qui nous manque: un candidat crédible, et un projet d'alternative audacieuse au sarkozysme.

Ce qui défendent l'idée de primaires lorgnent vers l'exemple italien. Comment peut-on oublier ainsi le triomphe de Berlusconi et l'anéantissement de toute gauche digne de ce nom, de toute perspective sérieuse d'alternance. Les primaires à l'italienne seraient plutôt un exemple à ne pas suivre... 

On déplore à juste titre le recul du débat d'idées et de la réflexion programmatique au profit des stratégies de communication et du soin apportée à l'image. Je doute fort que les primaires puissent inverser la tendance. L'engagement éphémère, la démarche consummériste qu'elles impliquent favoriseraient plutôt les engouements médiatico-sondagiers dont nous avons déjà tant eu à souffrir.

La seule vertu de ce dispositif serait finalement d'ouvrir un peu vers l'extérieur les fenêtres d'un parti où l'air est devenu irréspirable. Triste constat que celui d'un parti qui semble ainsi avoir renoncé à tout élargissement de ces cercles militants en direction de la gauche syndicale, associative ou mouvementiste.
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Lundi 24 août 2009

On y avait cru. Ou on avait voulu y croire. Chine, Russie, Europe, monde arabe, amérique latine... Tous, à l'exception notable d'Israël pleurant l'ami de la colonisation, se félicitait que la calamiteuse page Bush  soit enfin tournée. Tous espéraient voir enfin l'Amérique changer, se civiliser, sortir enfin de l'état de barbarie. Tous, jusqu'au Monde Diplomatique et aux tenants d'un socialisme radical peu suspect d'indulgences impérialistes...

Il a bien fallu déchanter. Il faut lire dans Marianne de cette semaine l'excellent article de Guy Sitbon sur l'offensive républicaine contre le projet Obama de réforme du système de santé Américain. Sitbon nous conte rien moins que la revanche de l'Amérique stupide.

Rappelons pour les distraits que le système de santé américain se caractèrise par des dépenses phénoménales, pour un résultat plus que mauvais en termes de santé publique... et surtout par l'absence de toute couverture sociale digne de ce nom. Obama a voulu changer cela. Il s'est attiré les foudres des divers lobbys qui profitent de l'actuel système pour tondre les américains comme des moutons.

Jusque là, rien d'étonnant, me direz-vous. Mais c'est bien de moutons, justement, qu'il est question dans cette affaire. Car les lobbys ont réussi à entraîner dans leur combat tout un peuple stupide criant au communisme. On avait presque oublié l'existence de cette Amérique stupide qui permit naguère à Bush de s'imposer. De tout ce petit peuple barbare qu'on mène par le bout du nez et qui en vient à deféndre des idées exactement contraire à ses intérêts les plus élémentaires.

Que nous importe tout cela? Voilà qui est bien dommage pour l'Amérique vaguement civilisée qui n'a pas voulu cela. Mais les autres n'ont finalement que ce qu'ils méritent. Et tout cela n'est pas notre affaire. Erreur!  Car qui peut croire que l'Amérique stupide qui pense tenir se revanche ne poussera pas son avantage en politique étrangère? Réchauffement climatique, cour pénale internationale, colonisation des territoires palestiniens par Israël... Autant de problème toujours en suspens, et sur lesquels le changement de cap paraît encore bien héistant et fragile. Il faut hélas envisager le retour aux années sombres de l'arrogance américaine.

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Vendredi 28 novembre 2008

Analyse tout à fait convaincante à laquelle je rajouterais deux éléments:

-le mode de scrutin, proportionnel en Allemagne, majoritaire en France

- l'histoire: en Allemagne, Die Linke est le deuxième parti, après les Verts, à réussir son irruption sur la scène politique. En France, si on prend comme critère l'exsistence d'un groupe parlementaire, personne n'a su le faire. Les 4 formations possédant un groupe parlementaire, sont toutes plus ou moins directement issues des grands courants politiques impliqués dans la résistance, dominants après guerre.

Comme ce politologue, je pense que Mélenchon et Dolez auront du mal, du moins dans un premier temps, à établir une relation équilibrée avec le PCF. Ceci dit, un militant ne peut se déterminer en fonction de ces seuls calculs stratégiques...

 

Après avoir quitté le Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ont annoncé la création du Parti de gauche, qui se veut une réplique française de Die Linke. Quand on observe la scène politique allemande, on comprend bien pourquoi ce modèle est attractif et peut constituer une source d'inspiration pour nos socialistes en rupture de ban.

Die Linke, formation créée par l'union de dissidents du SPD et le PDS (les communistes est-allemands), s'est bien enracinée dans la vie politique outre-Rhin. Ce nouveau parti est présent dans les Parlements des six Länder de l'Est et parfois même dans leur gouvernement en coalition avec le SPD.

Il a également réussi une percée à l'ouest où il a franchi la barre des 5 % (commandant l'accès aux Parlements régionaux) dans plusieurs Länder (Hesse, Hambourg, Basse-Saxe), ratant de peu récemment ces 5 % dans la très conservatrice Bavière. Au plan national, les sondages créditent cette formation de bons scores (entre 10 % et 12 %).

Mais le contexte politique et les forces en présence à gauche diffèrent sensiblement de part et d'autre du Rhin, et la configuration apparaît moins favorable en France. Die Linke est aujourd'hui dirigée par Oskar Lafontaine, personnalité politique très connue en Allemagne : il a été pendant de longues années ministre-président de la Sarre, et a joué un rôle de premier plan en animant l'aile gauche du SPD national. En dépit de leur mandat, le poids politique de Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon n'est donc pas comparable avec celui de Lafontaine, qui sert de locomotive médiatique à ce parti. { Oui, mais il ne faut pas sous-estimer l'impact médiatique de Mélenchon, fort recherché pour sa "grande gueule"}

Par ailleurs, le PDS - importante puissance électorale à l'est de l'Allemagne - a fourni les gros bataillons militants et électoraux de Die Linke. A cette force électorale, il faut ajouter des militants en rupture du SPD à l'ouest ainsi que de nombreux syndicalistes. Les forces sur lesquelles peuvent s'appuyer aujourd'hui Dolez et Mélenchon sont beaucoup plus limitées. Certes, la motion Hamon qu'ils soutenaient a recueilli près de 19 % des voix lors du vote interne au PS, mais tous ces militants ne suivront pas les démissionnaires. {Non, tant que le Parti de Gauche n'aura pas prouvé qu'il n'est pas un nouveau MRC, et tant que nos petits camarades du PS éviteront les casus-belli...}

 

ESPACE PLUS RESTREINT

 

Lorsqu'il présenta une motion ("Forces militantes") au congrès du Mans en 2005, Dolez, bien que premier fédéral de la puissante fédération du Nord, n'obtint que 4,5 %. Et si PRS, l'organisation de Mélenchon, fut très active et visible lors du référendum sur la Constitution européenne, elle ne compterait qu'assez peu d'adhérents.

Pour pallier ces difficultés, Mélenchon et Dolez ont annoncé une alliance avec le PC en vue des européennes. {bonne occasion de créer une dynamique. Mais s'ils arrivent à marquer l'essai, sauront-ils le transformer lors de scrutins moins favorables?} On rappellera que ce parti a connu de nombreux revers électoraux, qu'il est aujourd'hui profondément divisé et qu'il perd des adhérents. Son influence électorale ne peut être comparée à celle de son parti frère allemand.

En transposant en France l'influence du PDS dans les régions déshéritées et industrieuses de l'ancienne RDA, cela équivaudrait à un PCF obtenant entre 25 % et 30 % dans un ensemble regroupant Nord - Pas-de-Calais, Picardie, Haute-Normandie et Champagne-Ardennes... En dépit de cet affaiblissement, étant donné le poids comparé du PC et du Parti de gauche en termes de militants et d'élus, il y a fort à parier que les dissidents socialistes ne joueront pas les premiers rôles dans ce "front commun". {40 parlementaires communistes, 4 parlementaires du Parti de Gauche...}

Enfin, si Die Linke connaît aujourd'hui des succès en Allemagne, cela ne tient pas uniquement à la personnalité de ses leaders ou à la puissance militante des organisations qui l'ont cofondée. Le contexte politique y est différent du nôtre : l'extrême gauche y est inexistante électoralement, contrairement à la France où Olivier Besancenot exerce une forte concurrence. En outre, en Allemagne, la critique dénonçant un recentrage des socialistes porte davantage, notamment parce que le SPD est engagé dans une grande coalition avec la CDU et mène une politique de réformes.

Ce virage social-libéral fut pris il y a un certain nombre d'années maintenant. Durant l'ère Schröder, le SPD, à la tête d'une coalition avec les Verts, réforma profondément le modèle social et les bases de l'Etat-providence, notamment avec les réformes Hartz aujourd'hui fortement décriées à gauche et par les syndicats. Si le libéral-socialisme est aussi dénoncé en France, il n'en demeure pas moins que le PS reste aujourd'hui - et notamment avec le gauchissement des discours à la suite de la crise financière - idéologiquement plus à gauche que le SPD.

Concurrencée par une extrême gauche conquérante et un PS à la direction "gauchisée", la déclinaison française de Die Linke jouira donc d'un espace politique plus restreint que sa consoeur germanique. Même si son discours peut rencontrer un certain écho auprès d'électeurs de gauche démoralisés par la crise du PS et radicalisés par la poursuite des réformes sarkozystes.


Jérôme Fourquet est directeur adjoint du département opinion et stratégies d'entreprise de l'IFOP.

 

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Vendredi 28 novembre 2008
Une commission convoquée à la demande de Sarkozy propose rien moins que d'abaisse à 12 ans l'âge à partir duquel un mineur peut aller en prison. Petite suggestion à la nouvelle première secrétaire du PS: Mme Aubry, pourquoi ne pas faire de la mobilisation contre ce projet le premier combat de votre nouveau mandat?
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Mardi 25 novembre 2008

Le PS a enfin sa dirigeante. Martine Aubry n'aura pas la tâche facile, c'est le moins qu'on puisse dire. Elue dans des conditions déplorables, sans majorité dans les instances du parti, confrontée à des scrutins qui devraient être difficiles à gagner... Elle aura besoin de tout son talent pour ne pas finir comme Michel Rocard, qui avait explosé en vol après quelques mois à la tête du parti, et ne s'en est jamais relevé. Alors, bonne chance à Martine, bonne chance au PS. C'est une personnalité digne d'estime qui s'installe à la tête du parti. Je suis tout disposé à lui faire crédit, du moins dans un premier temps.

Il faudra toutefois être très vigilants. Le risque d'une compromission avec le centre-droit semble écarté. Mais les positions du parti, entre la dérive à l'italienne et une social-démocratie en perdition, restent pour le moins incertaines. Et le PS aurait bien besoin d'affirmer une position plus critique sur l'Europe. On n'en prend guère le chemin, avec l'idée d'un alignement sur les positions du PSE pour les européennes. Soutenir Martine Aubry, oui. Lui signer un chèque en blanc, non.

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