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La conspiration du silence (non, ce n'est pas de moi...)
L'oligarchie médiatique a tiré les leçons de l'échec de sa propagande effrenée en faveur du OUI au référendum. Désormais, plus de cris de haine à l'adresse
des hérétiques. La motion de gauche est tout bonnement traitée par le mépris et l'ignorance. Pour le journalisme d'en haut, il y a "trois motions principales", devinez
lesquelles... Cette stratégie subtile est bien superflue. Depuis des années, le militant socialiste ne brille guère par son audace. Depuis des années, il reconduit les même personnes à la tête du
parti, et suit docilement modes médiatiques et consignes solfériniennes. Hélas, ce vieux parti risque d'être pour un moment encore un parti de vieux, dans le pire sens du terme.
Le Sénat à gauche, c'est possible!
Petite révolution: on peut envisager le basculement à gauche du Sénat, en 2011, sans passer pour un fou! D'après Hollande, c'est "possible, mais peu probable".
Je partage son analyse. Il faudrait à la gauche 20 sièges supplémentaires pour rafler la mise. Rien d'insurmontable en théorie, quand on songe qu'elle vient d'en emporter 26 (pour seulement 114
sièges à pourvoir). Seulement voilà. En 2001, les départements élisant trois sénateurs le faisait à la proportionnelle. Mécaniquement, la gauche en a profité pour grapiller des places dans des
département très conservateurs. Rien ne dit qu'elle conservera dans ces départements revenus au scrutin majoritaire. Si on considère l'orientation des départements renouvelables, il faudrait une
configuration vraiment très favorable à la gauche pour qu'elle enregistre un solde positif de 20 sièges. Mission impossible, ou presque. Mais le dernier renouvellement a déjoué tous les
calculs. Mais même si le Sénat reste à droite en 2011, le basculement sera possible un jour à l'autre. Dans beaucoup de départements*, le monde rural n'est plus acquis de manière
aussi systématique qu'avant au conservatisme. L'idée s'impose peu à peu qu'un notable peut aussi être socialiste. Et n'oublions pas le basculement à gauche des conseil généraux, grands
pourvoyeurs de subventions dans les campagnes...
*On croit souvent que le conservatisme des campagnes est une règle générale. Mais le monde rural est déjà solidement ancré à gauche dans une minorité
significative de départements. Des territoires aussi profondément ruraux que le Quercy, les pyrenées centrales, les corbières, le diois sont très marqués à
gauche.
Je n'y croyais plus, et j'avais tort! Il y aura bien une motion unique de la gauche du PS au congrès de Reims. Ceux qui veulent redonner vie aux valeurs socialistes iront donc unis à la bataille,
face à ceux qui veulent décidément faire des votes au sein du parti un simple "concours de beauté".
Pendant ce temps,c'est le ralliement du techno-libéral Moscovici à Delanoë qui fait la une du monde.fr. Comme les oligarques solfériniens, les médias veulent étouffer le débat d'idées derrière
les querelles d'écuries présidentiables. Mais qu'importe, il y a une belle partie à jouer pour la gauche du PS qui peut créer la surprise lors de ce congrès!
La privatisation n'est pas une fatalité
Bonne mobilisation à La Poste, semble-t-il: 25% de grévistes selon la direction, contre 5 à 10% lors des dernières journées de grève en date. Mais il ne faut pas
laisser les postiers mener seuls ce combat vital pour la défense du service public, qui concerne l'ensemble de la nation. L'idée d'un référendum d'initiative populaire est bonne. Mais il ne faut
pas se leurrer.Lorsqu'il l'a fait inscrire dans la constitution, Sarkozy a bien pris soin de rendre cette mesure très difficile à mettre en oeuvre . Pure opération de
communication.
Ainsi, il faut l'accord de 20% des parlementaires et 10% des électeurs inscrits (plus de 4,5 millions d'électeurs inscrits!). Le référendum ne peut porter sur l'abrogation d'une disposition
législative votée depuis moins d'un an. Les parlementaires peuvent finalement décider d'examiner eux-même la proposition. Et pour couronner le tout, la loi organique qui doit permettre
l'application de la mesure n'est toujours pas votée! Que d'obstacles. Le combat essentiel sera donc politique. Si les parlementaires de gauche le réclament, si des millions de citoyens le
réclament, croit-on vraiment que Sarkozy pourra refuser le référendum, même si les textes lui laissent formellement toute liberté?
Pour atteindre l'objectif, l'implication totale des syndicats, des partis politiques, des associations, et des collectifs de citoyens sera nécessaire.Chacun doit, dans sa propre organisation, se
mobiliser pour faire avancer l'idée. La dispersion actuelle des initiatives n'aboutira à rien. Alors, pourquoi pas une coordination nationale pour un référendum sur l'ouverture de capital de La
Poste? Mais comme pour le réfétrendum, c'est de la base que partira l'élan. Si chaque militant convaincu de la justesse de ce combat récolte quelques signatures autour de lui, l'objectif
peut être atteint.
La Guyane vire son sénateur-traître
Heureuse nouvelle, parmi d'autres, de ces sénatoriales: la défaite cinglante de Georges Othily en Guyane. Vous ne connaissez pas ce monsieur? C'est normal.
Pour information, ce personnage, qui siégait au RDSE s'est fait élire en 1998 avec les voix de la gauche, avant de se vendre aux sarkozystes. Depuis quelques années, il votait
systématiquement avec la droite, pour finir par adhérer au parti d'un autre traître, Jean-Marie Bockel. Et le rénégat guyanais a eu le front de se prétendre "divers gauche" pour ce scrutin où les
candidats choisissent eux même leur étiquette! Que croyez-vous qu'il arriva? Les grands électeurs ont préféré le produit authentique (deux VRAIS divers gauche) au produit frelaté et contrefait.
Bonne leçon pour ceux qui aiment à répéter "mais vous savez, outre mer, le clivage gauche-droite n'a pas autant de signification...", sous entendu: "débarquez avec un peu de pacotille, et vous
pourrez aisément acheter les faveurs de l'indigène, quelle que soit sa couleur politique supposée". Raté... Je me demande par ailleurs que est aujourd'hui l'état d'esprit du sénateur
guadeloupéen Daniel Marsin, qui a eu un parcours identique, et qui a été foutu dehors avec pertes et fracas aux dernières municipales.
Repentance
J'ai eu tort de cracher mon venin sur mon propre parti, influencé sans doute par la morosité ambiante et par mon propre état d'esprit. Du reste, je suis sans doute
allé un peu vite en besogne en évoquant l'échec des négociations à la gauche du parti. Pour me faire pardonner, je vous renvoie vers l'excellente analyse d'acrimed (peu suspects de complaisance
vis à vis du PS) sur le traitement médiatique de l'actualité socialiste: www.acrimed.org
Au Sénat, tout va très bien, madame la marquise...
Ce matin, France Inter accommodait l'optimisme béat de la ministre de l'économie sur l'air de "Tout va très bien Madame la Marquise". Et à écouter cela, on ne pouvait s'empêcher
aux réactions de l'UMP minimisant les progrès de la gauche aux sénatoriales. Il y a bien sûr une part de calcul dans cet aveuglement affiché, supposé égarer l'adversaire. Mais tout de même...
"Conséquence logique des progrès de la gauche aux municipales", nous dit-on. "Conséquence logique", le sénateur de gauche élu dans le Cantal, vieux bastion catholique et conservateur?
"Conséquence logique", les deux UMP battus en Polynésie au profit d'un indépendantiste et du dinosaure chiraquien Gaston Flosse? "Conséquence logique", la droite rayée de la carte dans l'Aveyron?
Au moment des comptes, on voit que la gauche a remporté une majorité des 114 sièges à pourvoir, une grande première!
Cette déconvenue, la droite la doit au monde rural, peu concerné par les récents succès locaux des socialistes. C'est dans les campagnes que la vaguelette annoncée-un gain de dix à quinze
sièges pour la gauche- s'est transformée en un véritable petit tsunami à l'échelle du Sénat. Les petits maires ruraux ne se sont pas réveillés socialistes du jour au lendemain. Mais ils
ont compris la duplicité des UMPistes, qui, dans leurs départements, juraient la main sur le coeur vouloir défendre les territoires. Ils ont vu ces mêmes UMPistes soutenir à Paris un
gouvernement organisant la désertification des campagnes et le désamménagement du territoire par la disparition des services publics. Si la droite n'entend pas ce cri de colère, elle
pourrait bien perdre le Sénat en 2011.
Feu la chiraquie
Il n'aura pas fallu un an à Francois Hollande et ses amis pour déblayer en Corrèze les ruines de la chiraquie. En mai 2007, l'UMP tenait en Corrèze le conseil général, deux des
trois circonscriptions, les deux sièges de Sénateurs, et les deux sous-préfectures de Brive et Ussel. Aujourd'hui, il ne lui reste plus de tout cela qu'un siège de député, ridicule butte-témoin
de feu la domination chiraquienne. Et dans les départements environnants du massif central et du sud-ouest, la droite est aussi en perte de vitesse. Pendant ce temps là, en Polynésie, les fidèles
de l'ancien président s'entendent avec les indépendantistes alliés au PS!
Désespérants socialistes
On s'en veut de tirer sur une ambulance, surtout quand ses propres amis y sont embarqués. Mais l'honnêteté oblige à reconnaître que le PS est
décidément désespérant. Cela fait longtemps que je ne m'intéresse plus aux manoeuvres politiciennes des socio-libéraux Royal, Delanoë et consorts. Mais même la gauche du parti, qui avait ma
préférence, ne fait guère mieux. L'équipe Emmanuelli-Hamon-Lienneman-i-Filoche comprend des personnes de grande valeur pour qui j'ai la grande estime. Mais quel dommage qu'ils aient décidé, pour
d'obscures raisons stratégiques, de faire échouer la tentative d'unification de la gauche autour d'une même motion! Je voterais donc pour la motion Mélenchon-Dolez, tout en déplorant
que des gens qui sont d'accord sur l'essentiel n'aient pas voulu travailler ensemble.
En Afghanistan comme en Irak
Un nouvel Irak, en pire peut-être. On peut remercier Sarkozy d'avoir mis en première ligne les troupes françaises en Afghanistan. Par pur
suivisme atlantiste. Tout cela est très bien analysé sur le blog www.jean-luc-melenchon.fr. Je ne reviendrais donc pas dessus. Sinon pour déplorer
que le PS se soit une fois de plus laissé piéger , sur le thème "vous ne voulez pas qu'on se désengage, mais vous votez contre l'envoi des troupes", et que 20 des siens volent une fois
de plus au secours de Sarkozy, cautionnant sa fuite en avant.
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