Lundi 21 juillet 2008
Les frères ennemis, radicaux de gauche du PRG et radicaux valoisiens, comptent chacun une bonne poignée de parlementaire et un nombre non négligeable d'élus locaux. Rien de colossal. Mais sans le soutien de l'UMP, les radicaux valoisiens disparaîtraient. Idem pour le PRG, totalement dépendant du PS qui laisse le champ libre aux élus PRG .
En bonne logique, les radicaux valoisiens se comportent en alliés fidèles de l'UMP. Mais les radicaux de gauche, eux, montrent de plus un plus de velléités d'indépendance. Leur président, Jean-Michel Baylet, se laisse de plus en plus ouvertement courtiser par Sarkozy. Il vient de négocier avec lui le ralliement -peut-être décisif- de son parti à la réforme constitutionnelle votée aujourd'hui par le parlement. Et comment réagit le PS à ce qu'il faut bien appeler une trahison? Il ne fait rien. Mon parti est décidément trop bon trop con. Dans une telle situation, un autre parti aurait pris depuis longtemps les mesures qui s'imposent. Le PRG veut s'émanciper? Très bien, mais qu'il s'assume. Tous les élus PRG qui ne désavouent pas Baylet doivent être privés de l'investiture socialiste, à commencer par les parlementaires qui voteront la réforme de Sarkozy cet après-midi. Il n'est pas trop tard pour bien-faire: les séantoriales approchent...
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Jeudi 17 juillet 2008
Siné n'écrit pas comme il faut, Siné ne dessine pas comme il faut. Siné ne pense pas comme il faut. Sa verve truculente, ses excès, ses outrances, ses délires, ses chats, son jazz ... cela faisait sérieusement désordre dans le Charlie Hebdo entièrement normalisé version Philippe Val. Entre Val le despote et le vieux dessinateur anar, il y avait de l'eau dans le gaz depuis longtemps. Mais soutenir Denis Robert contre l'avocat de Clearstream...et de Charlie, il fallait oser. Il faut virer le soldat Siné. Mais sous quel prétexte? Tiens, voilà Claude Askolovitch, du Nouvel Obs, connu pour avoir écrit un bouquin avec le traître Eric Besson. Et qu'est ce qu'il nous raconte, Askolovitch? Siné est antisémite. En voilà une idée qu'elle est bonne, se dit Val. Accusons Siné de propos antisémite, et on pourra le virer ! Aussitôt dit, aussitôt fait. Val n'avait rien trouvé à y redire sur le moment? Pas grave, on dira qu'il n'avait pas lu la chronique incriminée. Plus c'est gros, plus ça passe.
Seulement voilà, les renégats ne sont pas toujours de bon conseil. Le texte de Siné étaient tellement anodin que les  plus féroes chiens de garde de l'ultra-sionisme n'ont pas jugé utile d'aboyer. La manip était  trop grossière,  trop évidente. Sur le site des magazines, les réactions sont quasi unanimes. Val a même réussi l'exploit de réconcilier contre lui les islamophiles et les laïques militants! Il a perdu dans l'affaire le peu de crédit qui lui restait. Sous la direction de ce personnage, ce journal a progressivement glissé dans la bien-pesance, a perdu tout sa verve, tout son mordant, tout son goût de la subversion, pour ne pas parler de sa dérive politique . Je ne sais pas si Charlie peut être sauvé, mais une chose est sûre, il ne le sera pas avec Val à sa tête.
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Mardi 1 juillet 2008
Olivier  et ses amis

C'est bien simple, on ne parlait que de lui, ce week-end. D'Olivier Besancenot, icône de la Révolution médiatique ou icône médiatique de la Révolution, on ne sait plus trop. Il n'était ce week-end qu'un délégué parmi d'autres du futur "Nouveau Parti Anticapitaliste". Mais qui s'y trompe? Tout le monde n'avait d'yeux que pour "Olivier". Parlons-en donc, d'Olivier et de ses amis révolutionnaires.
L'hystérie médiatique est maintenant quelque peu retombée. Excellente occasion de ramener le phénomène Besancenot à ses justes dimensions. 
4% à la présidentielle, ce n'est pas mal pour un parti comme la LCR. Mais cela  n'atteint même pas le seuil permettant d'obtenir le remboursement des dépenses de campagne!
10 000 adhérents pour le nouveau parti, nous dit-on. Trois fois mieux que la "ligue à Léon", quelle performance! Mais vous avouerez qu'on reste loin du mouvement de masse. 
Et en nombre d'élus? Ce PC que l'on dit moribond compte deux députés européens, 18 députés, une vingtaine de sénateurs, des dizaines de conseillers régionaux, plus de 200 conseillers généraux, plusieurs dizaines de maires de villes de plus de 30 000 habitants. Il est associé au pouvoir dans de nombreuses régions ou départements. Pour le "parti d'Olivier", c'est zéro sur toute la ligne, mis à part une poignée de conseillers municipaux. Obtenir des élus? Améliorer, aussi peu que ce soit, la vie des gens à travers l'exercice du pouvoir? On est au dessus de tout cela quand on est invité chez Drucker!
Rien ne dit que la nouvelle formation n'ait pas un bel avenir. Mais pour l'heure, sa percée reste purement virtuelle, cantonnée aux statistiques des instituts de sondage. Et quoiqu'il en dise, Besancenot ne semble pas vouloir faire autre chose qu'agrandir sa petite boutique et changer son enseigne. Notre homme se réclame parfois de l'expèrience allemande de "Die Linke". Erreur! Die Linke a combattu comme il le méritait le SPD social-libéral. Mais ce parti n'a, lui, aucune objection de principe à l'exercice du pouvoir.  Il y  est d'ailleurs associé dans un des länders de l'est, et était disposé à intégrer une majorité de gauche en Hesse. Le SPD, pour sa part, commence sérieusement à se poser des questions sur l'orientation adoptée pendant les années Schröder. Inutile de vous dire que la pression intelligemment exercée par Die Linke n'y est pas étrangère. Eux obtiennent des résultats! C'est toute la différence entre cet authentique Parti de Gauche et notre facteur de division chéri de l'oligarchie médiatique.

Sarkozy, sauveur de l'Europe

C'est l'idée défendue très sérieusement par notre innénarrable commissaire européen aux transports, Jacques Barrot, qui sait gré au petit chef de l'Etat d'avoir contourné le veto populaire sur le traité de Lisbonne! Inutile de vous dire que, contrairement à lui, je n'attends strictement rien de la présidence sarkozyenne de l'UE. Guaino a beau prêter sa petite musique volontariste à Sarkozy, elle ne nous fera pas oublier que le logiciel reste euro-libéral.
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Mercredi 25 juin 2008
Le Sénat vient de se prononcer sur le projet de réforme des instiutions porté par le gouvernement: 166 voix pour, 123 contre. Avec les 315 pour et les 231 contre de l'Assemblée, cela donne 481 voix contre 354. Quel intérêt de ce petit calcul, me direz-vous? Il est considérable. En effet, pour être définitivement adopté, le projet aura besoin d'obtenir l'approbation des parlementaires réunis en congrès à Versailles avec au moins 60% des suffrages exprimés. Pour le moment, on en est à 57,6%... Si le rapport de force n'évolue pas, Sarkozy verra donc son texte recalé. Cela n'empêche pas la droite d'afficher sa confiance, et de promettre qu'elle ira jusqu'au congrès quoiqu'il arrive. Coup de bluff ou inconscience? Car le gouvernement a écarté d'un revers de la main les demandes formulées par l'opposition. Comment dans ces conditions, espérer gagner la partie? Sarkozy espère que les parlementaires UDF, PRG et div.g , qui se sont abstenus, vont basculer en sa faveur. Et il compte bien aussi qu'une poignée de socialiste viendront à sa rescousse, en échange de contreparties plus ou moins inavouables. C'est cela, "l'ouverture" à la mode Sarkozy. Certainement pas un rasemblement dépassant les clivages sur la base d'un projet partagé, démarche illusoire, mais respectable. Plutôt le débauchage et la trahison. Les ralliés du quinquenat et les alliés du moment ne peuvent rien espérer d'autre que la faveur du prince. J'espère de tout coeur que le PS saura déjouer ces tristes calculs. Quand aux élus PRG, ils gagneraient à se souvenir qui leur a offert leurs mandats...
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Mardi 24 juin 2008

Sarkozy prétend être l'homme de la rupture. Mais quelle rupture? Rupture avec nos valeurs républicaines, rupture avec l'héritage du conseil nationale de la résistance, rupture avec une certaine tradition d'indépendance nationale, certes. Mais certainement pas rupture avec les politiques menées sous Chirac par Raffarin et Villepin. Le nabot de Neuilly en est tout au contraire le continuateur zélé. Mieux même, le second mandat de Jacques Chirac n'aura servi semble-t-il qu'à préparer le terrain au thatchérisme rampant de l'actuel squatteur de l'Elysée.
Dernier exemple en date, le projet de déremboursement des ALD, les maladies de longue durée, par la sécu. Catastrophe pour les français les plus modestes qui n'ont pas les moyens de se payer une mutuelle, pain bénit pour les assureurs qui lorgnent depuis longtemps sur le magot de la protection sociale. Sarkozy aurait-il pu oser une telle provocation-par l'intermédiaire du mercenaire qui dirige l'assurance maladie- si la vigilance des français ne s'était émoussée au fil des attaques successives contre notre système de protection sociale? Les citoyens désapprouvent la politique économique et sociale de Sarkozy, mais ne semblent plus trouver la force de s'y opposer, tant les attaques, toujours plus graves se succèdent à un rythme effrené. Il n'y a pas eu, et il n'y aura jamais de grand soir libéral comme en rêvent les disciples hexagonaux de Maggie Thatcher. Mais on parviendra assurrément au même résultat par une succession sournoise d'offensives menées sans répit par nos gouvernements corrompus. Du moins si la gauche ne se resaisit pas.

 

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