Les frères ennemis, radicaux de gauche du PRG et radicaux valoisiens, comptent chacun une bonne poignée de parlementaire et un nombre non négligeable d'élus locaux. Rien de colossal. Mais sans le
soutien de l'UMP, les radicaux valoisiens disparaîtraient. Idem pour le PRG, totalement dépendant du PS qui laisse le champ libre aux élus PRG .
En bonne logique, les radicaux valoisiens se comportent en alliés fidèles de l'UMP. Mais les radicaux de gauche, eux, montrent de plus un plus de velléités d'indépendance. Leur président,
Jean-Michel Baylet, se laisse de plus en plus ouvertement courtiser par Sarkozy. Il vient de négocier avec lui le ralliement -peut-être décisif- de son parti à la réforme
constitutionnelle votée aujourd'hui par le parlement. Et comment réagit le PS à ce qu'il faut bien appeler une trahison? Il ne fait rien. Mon parti est décidément trop bon trop con. Dans une telle
situation, un autre parti aurait pris depuis longtemps les mesures qui s'imposent. Le PRG veut s'émanciper? Très bien, mais qu'il s'assume. Tous les élus PRG qui ne désavouent pas Baylet doivent
être privés de l'investiture socialiste, à commencer par les parlementaires qui voteront la réforme de Sarkozy cet après-midi. Il n'est pas trop tard pour bien-faire: les séantoriales approchent...
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Siné n'écrit pas comme il faut, Siné ne dessine pas comme il faut. Siné ne pense pas comme il faut. Sa verve truculente, ses excès, ses outrances, ses délires, ses chats, son
jazz ... cela faisait sérieusement désordre dans le Charlie Hebdo entièrement normalisé version Philippe Val. Entre Val le despote et le vieux dessinateur anar, il y avait de l'eau
dans le gaz depuis longtemps. Mais soutenir Denis Robert contre l'avocat de Clearstream...et de Charlie, il fallait oser. Il faut virer le soldat Siné. Mais sous quel prétexte? Tiens,
voilà Claude Askolovitch, du Nouvel Obs, connu pour avoir écrit un bouquin avec le traître Eric Besson. Et qu'est ce qu'il nous raconte, Askolovitch? Siné est antisémite. En voilà une
idée qu'elle est bonne, se dit Val. Accusons Siné de propos antisémite, et on pourra le virer ! Aussitôt dit, aussitôt fait. Val n'avait rien trouvé à y redire sur le moment? Pas grave,
on dira qu'il n'avait pas lu la chronique incriminée. Plus c'est gros, plus ça passe.
Seulement voilà, les renégats ne sont pas toujours de bon conseil. Le texte de Siné étaient tellement anodin que les plus féroes chiens de garde de l'ultra-sionisme n'ont pas jugé utile
d'aboyer. La manip était trop grossière, trop évidente. Sur le site des magazines, les réactions sont quasi unanimes. Val a même réussi l'exploit de réconcilier contre lui les
islamophiles et les laïques militants! Il a perdu dans l'affaire le peu de crédit qui lui restait. Sous la direction de ce personnage, ce journal a progressivement glissé dans la bien-pesance, a
perdu tout sa verve, tout son mordant, tout son goût de la subversion, pour ne pas parler de sa dérive politique . Je ne sais pas si Charlie peut être sauvé, mais une chose est sûre, il ne le
sera pas avec Val à sa tête.
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Le Sénat vient de se prononcer sur le projet de réforme des instiutions porté par le gouvernement: 166 voix pour, 123 contre. Avec les 315 pour et les 231 contre de l'Assemblée, cela donne 481 voix
contre 354. Quel intérêt de ce petit calcul, me direz-vous? Il est considérable. En effet, pour être définitivement adopté, le projet aura besoin d'obtenir l'approbation des parlementaires réunis
en congrès à Versailles avec au moins 60% des suffrages exprimés. Pour le moment, on en est à 57,6%... Si le rapport de force n'évolue pas, Sarkozy verra donc son texte recalé. Cela n'empêche pas
la droite d'afficher sa confiance, et de promettre qu'elle ira jusqu'au congrès quoiqu'il arrive. Coup de bluff ou inconscience? Car le gouvernement a écarté d'un revers de la main les demandes
formulées par l'opposition. Comment dans ces conditions, espérer gagner la partie? Sarkozy espère que les parlementaires UDF, PRG et div.g , qui se sont abstenus, vont basculer en sa faveur. Et il
compte bien aussi qu'une poignée de socialiste viendront à sa rescousse, en échange de contreparties plus ou moins inavouables. C'est cela, "l'ouverture" à la mode Sarkozy. Certainement pas un
rasemblement dépassant les clivages sur la base d'un projet partagé, démarche illusoire, mais respectable. Plutôt le débauchage et la trahison. Les ralliés du quinquenat et les alliés du
moment ne peuvent rien espérer d'autre que la faveur du prince. J'espère de tout coeur que le PS saura déjouer ces tristes calculs. Quand aux élus PRG, ils gagneraient à se souvenir qui leur a
offert leurs mandats...
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Sarkozy prétend être l'homme de la rupture. Mais quelle rupture? Rupture avec nos valeurs républicaines, rupture avec l'héritage du conseil nationale de la résistance, rupture avec une
certaine tradition d'indépendance nationale, certes. Mais certainement pas rupture avec les politiques menées sous Chirac par Raffarin et Villepin. Le nabot de Neuilly en est tout au contraire le
continuateur zélé. Mieux même, le second mandat de Jacques Chirac n'aura servi semble-t-il qu'à préparer le terrain au thatchérisme rampant de l'actuel squatteur de l'Elysée.
Dernier exemple en date, le projet de déremboursement des ALD, les maladies de longue durée, par la sécu. Catastrophe pour les français les plus modestes qui n'ont pas les moyens de se payer une
mutuelle, pain bénit pour les assureurs qui lorgnent depuis longtemps sur le magot de la protection sociale. Sarkozy aurait-il pu oser une telle provocation-par l'intermédiaire du mercenaire
qui dirige l'assurance maladie- si la vigilance des français ne s'était émoussée au fil des attaques successives contre notre système de protection sociale? Les citoyens désapprouvent la
politique économique et sociale de Sarkozy, mais ne semblent plus trouver la force de s'y opposer, tant les attaques, toujours plus graves se succèdent à un rythme effrené. Il
n'y a pas eu, et il n'y aura jamais de grand soir libéral comme en rêvent les disciples hexagonaux de Maggie Thatcher. Mais on parviendra assurrément au même résultat par une succession sournoise
d'offensives menées sans répit par nos gouvernements corrompus. Du moins si la gauche ne se resaisit pas.
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