Il faut sortir du piège Royal-Delanoë. Obnubilé par "l'affrontement" factice de ces deux là, le PS offre le pire spectacle qui soit, celui d'un parti négligeant le débat d'idées au profit du choc
des ambitions personnelles.
Mais je suis injuste: regardez la dernière sortie de Delanoë. Le socialisme de demain? Libéral, chère amie, nécessairement libéral. Une grosse louche de libéralisme politique . Une certaine
dose de libéralisme économique subrepticement glissée dans la tambouille. Et une pincée d'européisme béat . Quel talent! Quel brio! On a trouvé le Jaurès de demain. La droite n'a qu'a bien
se tenir. Bien sûr, un tel programme conviendrait fort bien à une droite modérée. Mais comme la droite n'est plus modérée depuis belle lurette, nous voilà sauvés... N'allez surtout pas dire
au camarade Delanoë que le socialisme ne s'est jamais réduit à un libéralisme politique teintée d'humanisme bien pensant. N'allez pas lui dire que le socialisme a toujours voulu réconcilier
les aspirations à la liberté et à l'égalité. N'allez pas lui dire qu'un socialisme authentique ne renoncera jamais à corriger les structures inégalitaires de nos société. Que c'est pour nous la
condition de cette réalisation de soi dont se gargarise Delanoë. Il risquerait de mal le prendre. N'allez pas lui dire que cracher à la figure des nonistes, ce n'est pas très malin quand on veut
représenter la gauche (60 à 70% de nonistes) à la présidentielle. Il risquerait de vous envoyer au bûcher, et il ne faudra surtout pas compter sur Ségolène pour vous défendre.
Delanoë refuse l'alliance au centre. Il ne s'est pas ramassé une veste à la dernière présidentielle. Ce n'est pas un illuminé. Mais il en faudrait beaucoup plus pour me convaincre que
Delanoë-Royal, ce n'est pas bonnet blanc et blanc bonnet. Nous sommes des milliers au sein du parti à attendre qu'on nous propose un autre chemin que celui qu'incarnent ces deux là. Une grande
motion de la gauche du parti. Pour une opposition frontale vis à vis du gouvernement, le refus de toute compromission avec un centre qui reste le faux nez de la droite, un rapport critique à
l'Europe telle qu'elle existe, une vraie défense des services publics, de la protection sociale, et du droit du travail, un authentique combat contre la mondialisation libérale... C'est trop
demander? Emmanuelli, Mélenchon, Lienneman,... Réveillez-vous, on a besoin de vous!
Une bonne leçon pour la gauche
On votait hier dans les Alpes-Maritimes, où le sarkozyste d'extrême droite Christian Estrosi tentait de retrouver son siège de député. Les résultats,
superbement ignorés par les journalistes, constituent un avertissement sérieux pour la gauche. S'il est en ballotage à cause de l'abstention massive, Estrosi a réussi à battre son record de 2007,
avec plus de 60% des voix. La gauche, elle, reste à son plus bas niveau, 26% des suffrages. Le PS est trop occuppé par la petite gue-guerre Royal-Delanoë pour se soucier des humeurs de
l'électorat. Dommage... Sinon, mes chers camarades auraient compris que les difficultés du tout-petit président ne nous apportent pas mécaniquement le succcès. Comme le démontre avec éclat cette
contre-performance. On se rassurera à bon compte en observant que le PS avait remporté un brillant succès dans une circonscription plus représentative, en Eure-et-Loir. Mais pourquoi s'enfouir la
tête dans le sable?
La connerie du mois
Sarkozy veut faire inscrire dans la constitution l'obligation de présenter un budget en équilibre. C'est l'idée la plus stupide qu'on a pu entendre
depuis des semaines. Une aberration sur le plan politique: ce dogme n'a rien à faire dans une constitution qui doit se borner à affirmer les valeurs de la République et organiser ses
institutions. Une aberration sur le plan économique: présenter un budget en déficit est bien utile en période de faible croissance pour éviter d'aggraver la récession. La France n'a pas présenté
de budget à l'équilibre depuis des lustres. De l'avis général, le nabot veut, par ce monétarisme borné, faire plaisir au "Nouveau centre". Sans doute est-il bien conscient de
la débilité profonde de cette trouvaille. Mais comme de toute façon sa grande réforme constitutionnelle a vocation soit à passer à la trappe, soit à être revue et corrigée par le
PS, il ne s'engage pas à grand chose. Alors, pourquoi ne pas ne pas faire plaisir à bon compte à ces gens qui commençent à trouver que la trahison est bien mal récompensée quand elle
est trop précoce? De la toute petite politique politicienne, bien digne du sous-chef de l'Etat.
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