Un capitalisme à la dérive
Sa majesté est en colère. Elle souhaite la démission de Daniel Bouton, le patron de la société générale qui a laissé des milliards d'euros partir en fumée. On
le comprend, le petit Nicolas. Depuis des années, il s'échine à nous convaincre des vertus du marché dérégulé. Et alors qu'il croit enfin tenir le bon bout, patatras, un bon gros scandale
financier propre à vous dégoûter du capitalisme sauvage! Avouez qu'il y a de quoi être en colère. Ceci dit, ne vous inquiétez pas trop pour Daniel Bouton. Son sort est entre les mains des
actionnaires, qui ne devraient pas être trop durs avec un serviteur si zélé de la finance prédatrice. Prédatrice? Parasite, faudrait-il dire. Les actionnaires à la mode actuelle, LBO et
autres fonds d'investissement notamment, ne financent plus le développement des entreprises en échange d'un dividende. Ils organisent leur dépeçage. Encore les banques ne sont-elles pas les
premières victimes... Et ce système a de beaucoup jours devant lui. Le petit président brasse de l'air. Mais pas question d'intervenir en quoique ce soit.
Un espoir venu d'outre Rhin
Certains croient inéluctable le glissement à droite des pays occidentaux. Nos voisins allemands viennent de leur infliger un magnifique démenti. Die Linke vient en effet de faire son entrée dans les deux parlements régionaux des länders qui votaient dimanche dernier. Stimulé par cette concurrence qu'il n'avait pas vu venir, le SPD commence à se demander s'il ne faudrait pas redevenir vaguement de gauche avant que l'intrus ne bouffe tout son électorat. En France, on n'en est pas encore là. Dommage! Le PC n'est pas voué à disparaître. Il aurait un bel avenir comme membre d'une grande fédération de la gauche anti-libérale, ou comme parti associé d'une organisation d'un type plus unitaire. Sans doute comprendront-ils un jour que l'évolution est la condition de la survie. Trop tard, je le crains...Les Verts, les communistes, et la frange unitaire de l'extrême gauche auraient pourtant tout à gagner à s'unir. Le PS lui même ne serait pas forcément perdant. Grâce à cette nouvelle force, il ne serait plus systématiquement l'otage des opportunistes du Modem, comme il tend de plus en plus à le devenir. Un beau rêve, rien de plus...