Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /Nov /2008 21:27

Le PS a enfin sa dirigeante. Martine Aubry n'aura pas la tâche facile, c'est le moins qu'on puisse dire. Elue dans des conditions déplorables, sans majorité dans les instances du parti, confrontée à des scrutins qui devraient être difficiles à gagner... Elle aura besoin de tout son talent pour ne pas finir comme Michel Rocard, qui avait explosé en vol après quelques mois à la tête du parti, et ne s'en est jamais relevé. Alors, bonne chance à Martine, bonne chance au PS. C'est une personnalité digne d'estime qui s'installe à la tête du parti. Je suis tout disposé à lui faire crédit, du moins dans un premier temps.

Il faudra toutefois être très vigilants. Le risque d'une compromission avec le centre-droit semble écarté. Mais les positions du parti, entre la dérive à l'italienne et une social-démocratie en perdition, restent pour le moins incertaines. Et le PS aurait bien besoin d'affirmer une position plus critique sur l'Europe. On n'en prend guère le chemin, avec l'idée d'un alignement sur les positions du PSE pour les européennes. Soutenir Martine Aubry, oui. Lui signer un chèque en blanc, non.

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Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /Nov /2008 08:26

Ségolène crucifiée

Ségolène  incarne l'espoir. Ségolène  incarne le renouveau du Parti Socialiste. Ségolène est amour. Elle porte un message d'espérance qui va bouleverser le monde à l'image du message christique.

Déjà, lors de la campagne présidentielle, Ségolène avait frappé les esprits par son sérieux et sa compétence, par la façon magistrale dont elle avait porté les espoirs du peuple de gauche. Les français ont d'ailleurs pris toute la mesure du personnage. 46,7% des suffrages, songez-y! Seulement 0,5% de moins que n'en avait obtenu Jospin en 95, dans un contexte à peine plus difficile. Même pas 5% de moins que Mitterrand en 1981. Et ce alors que la droite au pouvoir n'était haïe que par une bonne moitié des français. Une grande victoire. Ségolène ne s'y est pas trompée, souvenez-vous de son visage radieux le soir du scrutin. Evidemment, elle ne s'est pas installée à l'Elysée. Une règle aussi injuste que stupide postule en effet qu'il faut 50% des voix, plus une, pour être élu(e). Mais la victoire était bien là. Oui, une belle victoire, comme celle que Ségolène a remporté lors des votes internes au PS. On a voulu lui confisquer cette victoire. Les prophètes sont souvent victimes d'attaques haineuses et injustes. Et comme Ségolène a la dimension prophétique...

Mais cette fois, Ségolène et ses disciples ne vont pas se laisser faire. Ils donnent quelques heures à la commission compétente pour proclamer la victoire de Ségolène. Sinon, ils vont manifester devant le siège de leur parti, traîner leur parti en justice, faire à leur parti une publicité intéressante dans les médias. Bravo Rebs, bravo Ségolène! Je ne pourrais hélas  pas aller manifester moi aussi. Mais je suis de tout coeur avec vous. Avec vous contre ceux qui disent que Ségolène et ses amis perdent leurs nerfs, qu'ils entretiennent la déchirure au sein du parti, qu'ils agissent de manière irresponsable. Bande de salauds! (pas toi, Ségolène, les autres, tes bourreaux!).

 

Loi Bouygues, amendement Bouygues

Avec le projet discuté aujourd'hui à l'Assemblée, l'audiovisuel public va se retrouver en slip, nous dit-on. Bien sûr qu'il va se retrouver en slip. C'est le but! Qu'est-ce qu'il a fait à votre avis, l'ami Berlu, en Italie? La même chose. On coupe les vivres à ces salopards de communistes de l'audiovisuel public. Et on fait voter des lois sur mesures pour engraisser ses propres TV. Bon, notre Sarko, il n'a pas de télé à lui. Mais c'est tout comme. La télé, elle est à Martin Bouygues, son ami, son frère.

Et justement, elle ne pète pas la forme en ce moment, la télé du frangin. Alors, on va lui faire un petit cadeau, à Martin Bouygues. Un bon gros transfert de recettes publicitaires. Avec une petite taxe gentillette à la clé, histoire de sauvegarder les apparences. Qu'est-ce que vous voulez, on n'est pas aussi décomplexés que les ritals, nous autres français. Et comme la petite taxe gentillette n'est pas encore assez indolore, nos copains à l'Assemblée vont la réduire par voie d'amendement. Et toujours pour sauvegarder les apparences, on va faire mine d'imposer un cahier des charges draconien à la télé publique. Piégés, ces cons de socialos qui proposaient depuis longtemps la fin de la pub sur le service public! C'est qu'on veut une télé de qualité , nous, parfaitement monsieur. Le premier qui se marre, je lui casse la gueule.

J'oubliais de vous dire, pendant qu'on y est, notre Sarko va pouvoir nommer directement le patron de la télé publique. Et virer cette pauvre lopette chiraquienne de Carolis pour mettre un pote à lui à la place. Les cocos de France télévisions n'ont qu'à bien se tenir...

En tout cas, on ne pourra pas dire qu'on a fait dans la brutalité. On est des gentils, nous. Et  vous savez ce qu'ils font, pour nous remercier de notre gentillesse, les cocos de l'audiovisuel public? La grève! Oui, vous avez bien lu, la grève. Non mais je vous demande un peu! Bande de salauds!

 

J'aurais bien aimé vous parler maintenant des salauds qui virent les grandes compagnies privées des eaux. Ou de ce salaud de Galouzeau de Villepin, qui prend le " Président" pour un justiciable comme les autres. Mais je ne voudrais pas abuser de votre patience. Ce sera pour la prochaine fois.

 

 

 

 

 

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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 11:33

...mais le reste est nettement plus sain. Une élection législative partielle se tenait hier dans la 8eme circonscription de Gironde. En règle générale, le poids démographique du bassin d'Arcachon, franchement conservateur, suffit à la faire pencher à droite. La partie de la circonscription située dans les landes de Gironde, solidement ancrée  à gauche, mais moins peuplée, n'est pas supposée parvenir à rétablir l'équilibre. Du moins dans les calculs de Charles Pasqua, auteur de l'actuel découpage taillé sur mesure pour la droite. Car dans la réalité, le PS a su profiter en 97 des divisions de la droite et de la bonne implantation de son candidat pour rafler la mise.

 Rebelote cette année: avec plus de 49%, la gauche semble bien placée pour reprendre le siège à une droite qui plafonne à 47%, chasseurs et FN compris. Le PS fait son meilleur score depuis l'instauration du découpage actuel! Bien entendu, on aurait tort de se réjouir trop vite, tant les résultats des élections partielles sont contradictoires, et étroitement tributaires du contexte local. Mais cela devrait inciter à plus de modestie une droite qui fait de s'appitoyer sur le sort du PS. Deliquescent au niveau national, le parti reste localement bien vivant. Cela ne vous rappelle rien? Cherchez bien...

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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 10:25

Malheureux qui comme Ulysse... devrait se retrouver attaché au mat pour ne pas succomber au chant des sirènes. Il n'avait pas tort, ce vieux militant qui me disait que, quoiqu'il arrive, "on ne quitte pas la grande maison". Ceux qui ont tenté des aventures solitaires s'en sont mordus les doigts... Mais que c'est difficile! Que c'est difficile de ne pas succomber aux sirènes du Parti de Gauche. Que c'est difficile d'espérer, encore et toujours pouvoir changer le PS. Que c'est difficile de penser échapper à l'alternative mortelle entre l'alignement sur une social-démocratie en faillite, et la liquidation pure et simple dans un parti démocrate à l'italienne. Ma situation personnelle n'est pas facile. Mais ma position de militant socialiste est moins enviable encore...

Au fait, savez-vous au sein de quel parti déliquescent on se traîne mutuellement en justice? Le FN.

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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /Nov /2008 11:40

Souvent Ségolène varie... Soutenue par le très droitier Manuel Valls, elle se lançait hier dans une ode au marché dérégulé. Crise financière aidant, on lui trouverait presque aujourd'hui des accents gauchisants. Les plus indulgents verront là la marque d'un pragmatisme tout mitterandien. Règle d'or: ne jamais être là où on vous attend. Ajoutez à cela quelques improvisations plus ou moins heureuses lors de la campagne présidentielle ou son dernier spectacle au zenith, et vous serez vite tenté de la croire incontrôlable.
Grossière erreur. Ségolène est au contraire totalement sous contrôle.  La campagne présidentielle a pu laisser à la candidate une certaine liberté, pour le meilleur et pour le pire. Mais au parti, les règles du jeu sont un peu différentes. Calculez les résultats du vote pour le congrès sans les  chiffres des grandes fédérations qui ont les pratiques politiques que l'on sait. Vous verrez  alors sans doute des résultats bien différents de ceux qu'on nous a annoncés. Ségolène Royal est totalement dépendante du bon vouloir des Guérini et autres Collombs, sans lesquels elle serait pieds et poings liés, faute de majorité dans les instances du parti. Avec ces grands barons régionaux, la Dame du Poitou élue premier secrétaire serait totalement sous contrôle des partisans d'une adaptation sans complexe du PS aux lois sacro-saintes du marché dérégulé. De son côté, la motion A aura un rôle à jouer. Tenants de la continuité.  Partisans d'un jospinisme droitisé, d'un alignement inconditionnel sur la social-démocratie européenne. Affichant leur eurobéatitude. Avec cela, le changement et le virage à gauche dont on nous rebat les oreilles sont bien mal partis.

Les trous de mémoire de Jean-Patrick Gille

Pour la première fois, Jean-Patrick, patron de la fédération d'Indre-et-Loire, voit se dessiner l'effrayante perspective d'une candidature concurrente. Pas de quoi l'empêcher de se succéder à lui même pour continuer à incarner le renouvellement, nous disent ses amis. Mais assez tout de même, pour que le pauvre homme, sous le coup de l'émotion, souffre d'une singulière amnésie. Il nous dit que la candidature de Stéphane Corbin, DGA du conseil général, serait catastrophique car perçue comme une manoeuvre du CG et de sa présidente, Claude Roiron. Après tout, pourquoi pas, l'argument en vaut un autre. Mais Jean-Patrick Gille gagnerait à se souvenir d'un certain Eugène Caselli, patron de la FD des Bouches-du-Rhône et frère en ségolâtrie. Vous ne connaissez pas ce monsieur? C'est normal, il n'a pas vocation à être connu. Eugène Caselli est un pur apparatchik, qui n'a décroché son premier mandat électif qu'en mars dernier. Et savez-vous comment Caselli gagne sa vie? Aux dernières nouvelles, il travaille au cabinet d'un certain Jean-Noël Guérini, président du conseil général. CQFD

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