Mercredi 12 novembre 2008

Souvent Ségolène varie... Soutenue par le très droitier Manuel Valls, elle se lançait hier dans une ode au marché dérégulé. Crise financière aidant, on lui trouverait presque aujourd'hui des accents gauchisants. Les plus indulgents verront là la marque d'un pragmatisme tout mitterandien. Règle d'or: ne jamais être là où on vous attend. Ajoutez à cela quelques improvisations plus ou moins heureuses lors de la campagne présidentielle ou son dernier spectacle au zenith, et vous serez vite tenté de la croire incontrôlable.
Grossière erreur. Ségolène est au contraire totalement sous contrôle.  La campagne présidentielle a pu laisser à la candidate une certaine liberté, pour le meilleur et pour le pire. Mais au parti, les règles du jeu sont un peu différentes. Calculez les résultats du vote pour le congrès sans les  chiffres des grandes fédérations qui ont les pratiques politiques que l'on sait. Vous verrez  alors sans doute des résultats bien différents de ceux qu'on nous a annoncés. Ségolène Royal est totalement dépendante du bon vouloir des Guérini et autres Collombs, sans lesquels elle serait pieds et poings liés, faute de majorité dans les instances du parti. Avec ces grands barons régionaux, la Dame du Poitou élue premier secrétaire serait totalement sous contrôle des partisans d'une adaptation sans complexe du PS aux lois sacro-saintes du marché dérégulé. De son côté, la motion A aura un rôle à jouer. Tenants de la continuité.  Partisans d'un jospinisme droitisé, d'un alignement inconditionnel sur la social-démocratie européenne. Affichant leur eurobéatitude. Avec cela, le changement et le virage à gauche dont on nous rebat les oreilles sont bien mal partis.

Les trous de mémoire de Jean-Patrick Gille

Pour la première fois, Jean-Patrick, patron de la fédération d'Indre-et-Loire, voit se dessiner l'effrayante perspective d'une candidature concurrente. Pas de quoi l'empêcher de se succéder à lui même pour continuer à incarner le renouvellement, nous disent ses amis. Mais assez tout de même, pour que le pauvre homme, sous le coup de l'émotion, souffre d'une singulière amnésie. Il nous dit que la candidature de Stéphane Corbin, DGA du conseil général, serait catastrophique car perçue comme une manoeuvre du CG et de sa présidente, Claude Roiron. Après tout, pourquoi pas, l'argument en vaut un autre. Mais Jean-Patrick Gille gagnerait à se souvenir d'un certain Eugène Caselli, patron de la FD des Bouches-du-Rhône et frère en ségolâtrie. Vous ne connaissez pas ce monsieur? C'est normal, il n'a pas vocation à être connu. Eugène Caselli est un pur apparatchik, qui n'a décroché son premier mandat électif qu'en mars dernier. Et savez-vous comment Caselli gagne sa vie? Aux dernières nouvelles, il travaille au cabinet d'un certain Jean-Noël Guérini, président du conseil général. CQFD

- Publié dans : politique - Communauté : Les socialistes de gauche
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